Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 16:46

Quand le réveil sonne à 6h30, nous n'avons tout simplement pas la force de nous lever. En outre, ayant plu toute la nuit, on compte sur une heure de rab pour que le soleil sêche la tente... L'excuse est pour le moins bidon puisque le soleil est bien loin derrière les nuages :)

 

P1050769-copie-1

 

Et le fait est qu'à 7h30, nous ne sommes pas plus en forme et la tente pas plus sêche. Comme chaque matin de bivouac lorsqu'il a plu, je m'occupe de ranger l'intérieur de la tente pendant qu'Aurel éponge l'extérieur. Généralement, ayant fini avant lui, je prépare ensuite le petit-déj en attendant. Quand on s'y prend bien, l'eau frémit quand nous plions la tente et la bâche et elle boue quand on n'a plus qu'à s'installer (confortablement, ah non...) pour apprécier le café du matin :)

 

Aujourd'hui, bien qu'ouspillés par la pluie qui s'est levée en même temps que nous, nous ne sommes en selle que vers 9h45. D'ici quelques kilomètres, nous quitterons l'Argentine pour toujours... Nous roulons donc en direction de la douane sur une piste pas trop désagréable... Si ce n'est les passages boueux qui collent à nos roues ! Mais à une moyenne de 9 km/h, on peut dire que c'est convenable.

 

P1050773

 

Nous approchons donc du poste dans un décor absolument superbe ; des formations rocheuses roses sortant du sol désertique et créant un contraste étrange avec les montagnes blanches en toile de fond.
Et plus nous avancons, et plus les couleurs sont douces et chaudes s'harmonisant tendrement avec le bleu du ciel.

 

P1050780

 

Devant les douaniers, nous sommes d'autant plus centre d'intérêt que personne ne passe pratiquement jamais par là... Sur leur registre, les derniers passeports inscrits remontent à quatre jours et aujourd'hui, nous sommes les premiers. Très sympathiques mais vraiment pas pressés, ils nous tamponnent enfin nos passeports au bout d'une demi-heure !
Nous profitons pour faire le plein d'eau car il ne nous reste que 8L ; c'est juste assez pour la journée et ce soir mais pas pour demain.

 

Il est déjà près de 13h, du coup, nous déjeunons sur place avant de repartir à l'assaut du Paso de Sico, un col à 4079 m. Un panneau indique qu'il n'est plus qu'à 19 km ; nous reprenons, confiants. Après une fausse alerte due à quelques gouttes de pluie, nous aurons finalement droit à un soleil radieux. Ouf ! Moi qui nous voyait déjà refranchir un col sous la grêle...

 

La piste est assez roulante et nous commencons à grimper dans les belles roches roses vues de loin toute à l'heure ; on se régale. Et puis... en sortant de ses murs protecteurs, nous subissons soudainement un vent de face terrible ! Il est si violent qu'on ne peut plus pédaler. Nous descendons des vélos et poussons nos montures... 1 km, 2 km, 3 km... Nous plafonnons à 4 km/h grand maximum et luttons contre les rafales.

Au bout de 11 km d'efforts intenses, nous franchissons la frontière argentino-chilienne.

 

P1050797

 

Adíos Argentina ; c'est bizarre de se dire qu'à priori, on ne reviendra jamais...
Enfin, pas le temps de philosopher car nous sommes toujours en plein vent qui doit frôler les 100 km/h (ca nous rappelle une fameuse sortie vélo à Etaples...), lui, et le col est encore à 8 km. Moi, je suis déjà au bout du bout du rouleau ; j'aimerais bien arrêter là, même s'il n'est que 16h30. L'ennui c'est que nous sommes dans un désert avec aucun abri contre le vent aux alentours... Pas le choix, il faut continuer.

 

Heureusement, la laisse est là et Aurel m'aide ainsi en tirant mon vélo... Mais nous devons pousser si fort contre le vent que nous sommes pratiquement allongés sur nos guidons, le corps presque à l'horizontal ! Je craque plusieurs fois, à pleurer sur des souvenirs chaleureux : le divin gâteau au miel de Ségo, une bonne soirée au coin du feu chez Jacques et Marie-France, une raclette mémorable à Gérardmer, ou encore un japonais entre keunelles, un bon "What Else" avec les ptis collègues... Bref, je suis à bout.


Aurel me réconforte tant qu'il peut, m'assurant que là, juste derrière la montagne, on devrait pouvoir s'arrêter à l'abri. Alors, on repart... Finalement, derrière la montagne, c'est pas mieux ! Nous voici donc contraints de nous fabriquer un "windbreaker", comme on dit dans le jargon des cyclos, c'est-à-dire un paravent de fortune avec des pierres et creusé dans le sol.

 

P1050806

 

Par chance, le soleil brille encore car le vent est polaire ! Au bout d'une bonne heure d'aménagement (et de rencontres avec des scorpions trouvés sous les pierres), le meilleur moment de la journée : nous sommes allongés dans la tente. Alleluia !

 

Distance : 33 km - Temps : 5h11 - Moyenne : 6,4 km/h

Partager cet article
Repost0
19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 15:50

Nous avons dormi comme des anges dans la maison du Seigneur :) Nous commencons à pédaler vers 9h sous un ciel un peu voilé mais nous épargnant ainsi la brûlure du soleil d'altitude.

Et nous plongeons de suite au coeur de l'action : la rivière a tout simplement élu domicile sur la piste ne nous laissant pour passage que les bas-côtés ensablés ou encore la voie de chemin de fer !

 

P1050723

 

P1050716b

 

Parfois même, nous sommes obligés de passer dans l'eau tant les autres solutions ne sont guère engageantes... Sur les 10 premiers kilomètres, on peut dire que nous aurons touché à tout ! Si bien que nous mettons 2h30 pour nous sortir du bourbier.

Soudain, au détour d'un long virage, la vie nous offre l'un de ces moments fabuleux, l'un de ceux qui reste à jamais gravé en mémoire, notre premier troupeau de lamas ; un instant magique et suspendu au-dessus de toutes les difficultés traversées.

 

P1050731

 

Ils sont là, paisible, broutant dans l'immensité devenue verte, nous regardant passer interloqués autant que nous. La plupart ont déjà une laine bien dense et emmêlée ; mais certains petits ont un pelage qui a l'air si doux, si propre ! On les croirait sortis du toiletteur :)

Il n'est que 11h40, mais ayant déjà faim, nous sautons le goûter pour déjeuner de suite. La pause est courte car nous n'avons fait que 12 km ce matin. Quand nous reprenons le chemin, la piste est redevenue acceptable et nous filons dans un décor de dunes de sable à la végétation très clairsemée. C'est drôle comme on passe de 12 km en 2h30 à 14 en 1h !

 

De nouveau, le paysage se met à changer ; nous entrons dans le Salar del Rincon : une désert de sel et de sable.

 

P1050743

 

La piste s'en ressent immédiatement ; nous peinons sur de la tôle ondulée, des bacs à sable, des graviers, des marais boueux... bref, nous sommes considérablement ralentis.

 

     P1050710      P1050752b

 

Dans un sens, voilà qui nous laisse amplement le temps d'admirer la lagune en contre-bas avec ses couleurs bordeaux, blanche et ocre.

C'est vrai que la route sinueuse, à flanc de montagne, dominant tout le salar est magnifique.

Vers 16h30, lessivés par tous ces terrains peu favorables au vélo, nous choisissons de planter la tente au beau milieu... de rien ; juste l'incroyable paysage se couvrant de gris.

 

P1050766

 

Distance : 48,5 km - Temps : 4h37 - Moyenne : 10,5 km/h

Partager cet article
Repost0
18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 15:28

Nous quittons ce matin San Antonio de los Cobres, toujours en direction du Chili. Nous sommes sur les roues vers 8h avec la fraîcheur matinale.

 
P1050661
 
A peine sortis du village que les joies de la piste commencent : la route a complètement disparu sous des dizaines de centimètres de boue. Voyant un camion enseveli, nous prenons la tangeante et avancons, tant que faire se peut, sur un sol sableux, parmi les buissons éparses.
 
P1050664
 
Quand nous regagnons la piste, il n'est pas rare d'avoir à la partager avec des mares d'eau rougeâtres.
Notre route mène à un col que nous aimerions atteindre avant le déjeuner ; ca monte ! Au départ, la pente est plutôt douce avec en arrière-plan une merveilleuse chaîne de montagnes enneigées.
 
P1050672b
 
Puis au bout d'une vingtaine de kilomètres, le relief se corse (comme on dit à Ajaccio :) - célèbre jeu de mot de ma maman) ; et oui, il va bien falloir les monter tous ces mètres au-dessu de la mer... Nous grimpons si péniblement qu'on finit par pousser de nos vélos...
 

Nous avancons comme cela une bonne heure, puis enfourchons les montures. La côte en lacet est un peu moins rude pour les jambes.

Vers 12h30, nous avons bon espoir de l'avoir pratiquement atteint ; mais ce n'était qu'une fausse joie : en fait, la route nous a laissé croire que derrière la butte, c'était la victoire... Point ! Nous sommes d'autant plus décus qu'on redescend ce qu'on vient de monter (enfin, pas tout !). Déjà bien sur les rotules, nous nous accordons finalement la pause-déj. ; tant pis, le col, ce sera pour cet après- midi. Comme très souvent, nous grignottons du pain ou des crakers avec du fromage ; rapide donc...

Nous repartons à l'assaut de notre défi du jour. Mais le temps se gate et l'orage est à nos trousses ! Aux premiers signes menacants, nous nous couvrons de la tête aux pieds en prévisions du pire. Et le pire arrive... de la grêle ! Mais ce n'est pas possible... On aura tout eu ! Les grêlons nous fouettent les visages et mains, nous luttons contre le froid, l'altitude et les côtes... Et ce fichu col qui n'apparaît jamais !

Au bout de 2h, enfin, nous le franchissons.
 
 
El Alto Chorrillo, 4560 m ; normalement, on est en droit de prendre le temps d'apprécier sa victoire, mais là, je dois dire que j'ai plutôt envie que le calvaire s'arrête. Nous enfourchons nos vélos pour la descente tant attendue ; seulement, la grêle continue de tomber, le vent est glacial et la piste dévastée par toutes ces intempéries.
 
P1050701
Sous l'eau, il y a les bandes blanches !
 
Pas si évident donc d'en profiter pleinement. Et puis, encore une fois, on roule comme avec des oeillère avec tout notre équipement ; non- seulement notre champ de vision est restreint mais en plus les paysages sont voilés par les nuages de pluie...

Plus tard tout-de-même, le mauvais temps s'apaise, nous laissant enfin contempler le surprenant panorama : des immensités rocailleuses et arides surplombées de monts culminant à plus de 5000 m.

Nous roulons un bon moment dans ce désert sur une piste moins mauvaise que ce matin mais qui secoue quand même ; j'en arrive à avoir le mal des transports à vélo ! Faut le faire...
 
P1050693
 
Vers 18h30 et au bout de 60 km, nous approchons du village d'Olacapato. Sans aller jusque là, nous trouvons refuge dans une petit église à la déco sommaire et kitsh :) Parfait pour nous qui n'aurons pas besoin de déballer la tente !
 
P1050704
 
Seule ombre au tableau : en faisant le tour du propriétaire pour trouver de l'eau, Aurel est tombé nez à nez avec un chien qui a eu peur et l'a mordu à la main. Quelques belles entailles à la main, mais heureusement rien de grave... Enfin, j'ai failli l'engueuler pensant qu'il était allé le caresser :)
Aurel : "j'ai eu l'impression de mettre la main dans un étau !"
 
Distance : 59 km - Temps : 6h30 - Moyenne : 9 km/h
Partager cet article
Repost0
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 19:57

Nous avons dormi près de 12h ! Enfin... presque car Aurel a attrapé froid et a un peu le mal de l'altitude. Mais avec cette nuit, nous devrions avaler les 22 km de piste qui nous séparent de San Antonio de los Cobres.

Nous commencons sous un ciel menacant, mais pour le moment pas de pluie. En revanche, on voit qu'elle n'a cessé de tomber toute la nuit car la piste est dans un état déplorable...

 

P1040931

Aurel : C'est ce genre de paysage qui me faisait rêver dans le mensuel "Carnet d'aventures".
J'y suis, les deux pieds dedans.

 

Nous parvenons à trouver une langue de terre à peu près dure pour poser nos roues les dix premiers kilomètres. Mais alors après, c'est une catastrophe : nous avancons à peine à 4 km/h dans un piste boueuse et pire encore, collante ! Si bien que la terre s'accumule entre les roues et garde-boue, les empêchant tout bonnement de tourner.

 

P1040935

 

Nous poussons nos vélos et ce même en descente ! Et je ne parle pas d'un faux-plat descendant où bon, ce serait normal de pédaler un peu fort... Non ! Je parle d'une vraie pente dans laquelle on peut laisser les vélos sans toucher aux freins, pas d'inquiétude, ils ne bougent pas ! Les roues sont collées. Résultat, nous mettons 1h30 à parcourir ces dix fichus derniers kilomètres.

 

P1040945

 

Nous atteignons le village, fourbus.

 

P1040946

 

On saute dans une auberge à 80 pesos pour nous deux (environ 13 euros), un peu négocié, mais tellement pressés de déposer tout ce bardas...

Après avoir avalé quelques biscottes et du fromage, Aurel passe l'après-midi à nettoyer nos pauvres vélos tandis que je m'occupe du cahier.

 

Distance : 22 km - Temps : 2h26 - Moyenne : 9,1 km/h

Partager cet article
Repost0
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 19:46

Nous quittons le village de Gobernador Manuel Sola à 8h10, fiers de notre performance ; il faut dire qu'on gagne du temps quand on n'a pas à éponger la tente et sortir le réchaud.

 

P1040882

 

De suite, les paysages sont abracadabrantesques : les formations rocheuses sont plus étranges les unes que les autres.

 

P1040895

 

Parfois rayées de noir et de blanc, parfois camaïeu d'oranges ; toutes se détachent curieusement ou bien semblent surgir du sol, comme défiant de beauté les autres concurrentes.

 

P1040891

 

Au bout de quelques kilomètres, nous entamons les choses sérieuses : ca monte pour de bon et en lacets s'il-vous-plaît ! Heureusement, les pentes sont plutôt douces, nous permettant de pédaler sans trop souffrir.

 

P1040901

 

Nous remontons progressivement la vallée parsemée de cactus, mais aussi de petits bouquets fleuris et surtout, des massifs d'herbes de la pampa qui viennent rafraîchir l'aridité des hauteurs environnantes.

Nous passons à Santa Rosa de Tastil, mais ne nous y arrêtons que pour sa jolie petite église ; c'est que nous avons un col à franchir aujourd'hui et pas des moindres puisqu'il culmine à 4080 m d'altitude ! Rappellons que nous sommes partis ce matin de 2500 m...

D'ailleurs, à la pause déjeuner et avant d'attaquer l'ascension, on se remet quelques feuilles de coca sous la joue pour se donner de l'allant. Et il nous en faut car l'orage se joint à la partie ! Bon, comme d'habitude quand il pleut, les 3K : casquette, capuche, casque (dans l'ordre) !

 

P1040917

 

Avec ca et l'imperceptible paysage, on avance, tête dans le guidon et sommes au col Abra Blanca en 3h30. La coca peut-être... ? C'est toujours surprenant cette capacité que l'on a à faire abstraction du contexte, pénible qui plus est, pendant si longtemps.

 

P1040981

Qui a retiré l'oxygène !?

 

Il nous faut maintenant trouver un abri pour la nuit car il est déjà 18h. San Antonio de los Cobres n'est plus qu'à 28 km, mais même en descente, ce ne sera pas pour ce soir ; d'autant qu'il y a 22 km de piste pour y arriver !

 

Nous entamons les réjouissances... Quel bonheur de se laisser glisser sans pédaler :) Et puis, surprise, des monts enneigés se dressent au loin, contrastant avec la terre rouge au premier plan.

 

P1040923

Sommet à 5715 mètres

 

Nous luttons contre le froid qui ne manque pas de se faire sentir à cette altitude ; il pénètre le moindre interstice et frigorifie tout ce qui est resté humide : doigts, orteils... Nous sommes gelés ! Et dire qu'il y a une semaine, on souffrait de la chaleur.

Juste avant la piste, nous trouvons refuge dans des ruines (qui n'ont rien d'archéologiques), vestiges d'une ancienne gare. A défaut d'avoir encore leur toit pour nous épargner de la pluie, certains murs encore debouts nous protègerons du vent glacial.

 

P1040928

 

A peine commencons-nous à monter la tente que la pluie s'abat de nouveau ; en moins d'une demi-heure, nous sommes sous notre toile et n'en sortons plus. Il n'est que 19h...

 

Distance : 65 km - Temps : 6h43 - Moyenne : 9,7 km/h

Partager cet article
Repost0
14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 19:27

Bonne fête à tous les amoureux !

 

On se lève avant 7h, résolus à commencer tôt notre journée ; résultat, nous sommes prêts à 8h...

Après quelques kilomètres de bitume, la sortie du village se fait sur piste et ce pour une vingtaine de kilomètres. Comme hier, la route monte doucement. Et comme annoncé par Sandrine, nous arrivons devant une déviation : suite aux pluies diluviennes, certains troncons sont coupés par le río.

La famille ayant découvert cette route en voiture dernièrement, nous avait également dit qu'on pourrait certainement s'éviter cette déviation qui monte beaucoup pour finalement redescendre. Surtout qu'en vélo, ca devrait surement passer.

 

Nous n'hésitons pas une seconde et prenons la route barrée à la circulation. Au départ, on se félicite : piste pas mauvaise et qui plus est... plate ! Quand on voit comme la déviation grimpe, c'est plutôt satisfaisant.

"Ils ont du couper la route pour un p'tit bout d'asphalte en moins :)"

Et puis, quelle n'est pas notre surprise quand on se retrouve stoppé par un bitume totalement emporté !

 

P1040812

 

Aurel : "avec Litaudon, on ne fait jamais demi-tour" ; donc après un coup de baguette magique et quelques goutes de sueur, les vélos se télétransportent sur l'autre rive :) Pas même une langue de route n'a résisté à la force du courant ; il y a parfois des creux de 2 m !

 

P1040963

 

Bon, on se dit que c'était peut-être juste un passage délicat. Mais que neni ! Voici un deuxième troncon dégommé... Ca commence à bien faire ! D'autant que cette fois-ci, Aurel doit aussi me porter (oui, j'ai gardé mes baskets aujourd'hui car j'ai choppé... que sais-je... une allergie dans cette fichue auberge à Salta. Cela me vaut des démangeaisons terribles à me rendre hystérique et le surnom de "lépreuse" ; alors je garde mes chaussures pour ne pas gratter, comme les enfants) :)

 

P1040819

 

Cette fois, nous nous remettons en selle, confiants ; mais pas pour longtemps puisque nous devons franchir une troisième fois la rivière ! Pauvre Aurel, je ne peux pas beaucoup l'aider dans le portage des vélos. C'est là que c'est bien d'avoir un homme fort :) Je plaisante, mais il n'empêche que nous aurions du faire demi-tour s'il n'avait pas pu porter nos montures !

 

P1040824

 

Enfin, après quelques autres passages insolites, nous retrouvons la piste.

 

P1040827

 

Avec toutes ces péripéties, nous n'avons pas beaucoup avancé. Nous roulons maintenant tranquillement au creux de la vallée, dominée par des montagnes bien vertes. De temps à autres, elle s'ouvre, nous laissant entrevoir les couleurs fabuleuses des roches et des prairies fleuries.

 

P1040845

 

Nous trouvons un coin d'ombre pour déjeuner, mais n'y restons pas des heures car nous avons encore du chemin avant de croiser un village et nous ravitailler en eau. En outre, le ciel commence à se voiler de gris...

Peu de temps après la pause, nous roulons de nouveau sur le goudron ! Il n'y a pas à dire, ca avance nettement mieux !

 

Les décors changent soudainement, au détour d'une montagne, la roche reprend des couleurs : rouge, orange, jaune, vert, parfois même blanc !

 

P1040983

 

C'est à peine croyable...

 

P1040851

 

On se dévisse la tête pour ne pas en perdre une miette et on s'arrête toutes les cinq minutes pour capturer ces splendeurs.

 

P1040855

 

Quel plaisir de rouler ! Et pour ne rien gacher à la fête, Eole souffle fort dans notre dos ; on avance au moins à... 20 km/h :) En faux-plat montant, c'est plutôt un exploit.

 

Vers 17h, nous apercevons un village en contre-bas ; ca semble être le moment idéal pour s'arrêter ; d'autant que l'orage gronde. Nous faisons quelques courses au kiosque du coin qui, disons-le, dénote dans ces sublimes paysages...

 

P1040874

 

Puis nous repérons la gare ferroviaire qui accueille habituellement le fameux Train des Nuages. Tout est clos, mais la maison des travailleurs, elle, est ouverte. Nous demandons à poser la tente sous la varangue et sommes carrément invités à prendre une douche chaude, boire un thé et dîner à l'intérieur ! Quelle gentillesse ces argentins. 

 

              P1040875      P1040876

 

 

Distance : 52 km - Temps : 4h52 - Moyenne : 10,5 km/h

Partager cet article
Repost0
13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 19:01

Cette fois, ca y est, nos routes divergent pendant plusieurs semaines avec la famille. Il se peut qu'on se revoit en Bolivie, mais pour l'heure, eux partent plein nord tandis que nous faisons un crochet par le Chili, vers l'ouest (également vers le désert d'Atacama, le Sud-Lípez en Bolivie,... bref que des passages réputés TRES durs !).

 

Nous donnons nos premiers coups de pédales que vers 13h et avancons plutôt durement ; sont-ce les trois jours de repos ou le relief qui grimpe imperceptiblement ? Un peu les deux, certainement. Si bien qu'à 15h30, nous nous arrêtons au camping de Campo Quijano ; ce n'est pas tellement à cause de la fatigue, mais Sandrine nous avait prévenu que plus loin, il nous serait difficile de planter la tente car la route monte à flanc de falaise avec le río en contre-bas. Alors, autant se garder le meilleur pour demain, n'est-ce-pas...

Nous voici donc à profiter de la piscine du camping et nous offrir une bonne sieste (tant méritée:)).

 

P1040796

 

Et puis, comme nous allons prendre de l'altitude, on s'essaie à la coca, cette feuille chiquée par la plupart des andins. Nous on se la fait en infusion.

 

P1040961

 

On lui prête des effets bénéfiques contre le mal aïgu des montagnes. Nous verrons cela dans quelques jours...

 

Dans la soirée, le temps devennant exécrable, nous déplacons la tente à l'abri de la varangue de la maison qui trône au milieu du jardin devenu camping ; la terrasse est si bien concue qu'on baigne dans une cuvette ! La pluie vient dégouliner dans la partie incurvée du carrelage...

 

P1040803

 

Tellement logique... Mais au moins demain matin, nous n'aurons pas à éponger toute la tente.

 

 

Distance : 33 km - Temps : 2h44 - Moyenne : 12,2 km/h

Partager cet article
Repost0
12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 18:58

12 février : Joyeux aniversaire Jérôme !

 

 

10, 11 et 12 février

 

Pendant ces quelques jours de repos à Salta, la mission ALBER (Approvisionnement, Lessive, Blog, Entretien et Réparation ; oui,ca a changé de nom) est plus que jamais appliquée. Bon, pour ce qui est de la lessive, cette fois, je délègue à une laverie :)

Aurel quant à lui, fait dans l'artisanal : il protège avec du chatterton les emplacements de nos sacoches et renforce nos porte-bagages arrières avec des tubes d'acier, en prévision des centaines de kilomètres de piste qui nous attendent.

 

P1040773

 

Mais de temps en temps, nous en profitons quand même pour nous promener dans la ville.

 

P1040505

Iglesia y Convento San Fransisco

 

Nous visitons notamment le Musée Arquéologique de Haute Montagne qui retrace l'histoire d'une expédition andiniste ayant retrouvé des momies d'enfants à 6739 m d'altitude, sur le volcan Llullaillaco ! Oui, les incas donnaient parfois des enfants en offrande à la montagne (t'as pas fait tes devoirs, bon bah tu seras congelé).

Cela se passait tout en douceur ; dans leur culture, ce n'était pas un acte barbare au contraire, pour l'enfant c'était même un honneur. Lors d'une grande fête, les jeunes étaient menés au sommet, puis l'alcool aidant, ils s'endormaient dans le froid. Ainsi, les postures sont intactes, recroquevillés sur eux-mêmes dans un état de conservation stupéfiant !

Dans l'après-midi, nous grimpons au Cerro San Bernardo ; pas moins de 1070 marches pour s'offrir une belle vue sur la ville.

 

Photo volée.

 

Et puis, nous retournons à des choses plus pragmatiques : la préparation de la suite de notre voyage. Malheureusement, pendant qu'Aurel bricolait et que je faisais les courses, nous nous sommes fait voler notre appareil photo... C'est pourtant pas faute d'être ultra-vigilants ! Mais là, impossible de dire où nous avons pu le laisser pour qu'il soit à la portée d'un pauvre type ! Le plus détestable dans l'histoire je trouve, est que c'est une personne à qui l'on dit bonjour chaque matin ! Fort heureusement, nous avions fait une copie de nos photos récemment ; nous avons finalement perdu deux ou trois jours...

Bref, du coup, il ne nous reste plus qu'un petit compact ; il fera bien l'affaire pour le moment car les prix ici sont exorbitants : un appareil photo qui vaut 200 euros chez nous en vaux 700 ici ! A ce prix-là, pas question ! Par contre, nous avons silloné la ville en quête d'une deuxième batterie, voire une troisième pour les longs passages très isolés...

 

P1040789

 

Impossible de trouver. Ca nous inqiète un peu car on ne voudrait pas tomber "en panne" alors que nous allons traverser les plus beaux paysages de notre périple !

 

Enfin... La vie est aussi faite de super moments, comme par exemple cette inoubliable soirée à laquelle nous ont convié Myriam, Cocho (un couple franco-argentin) et leurs quatre filles, avec la famille. Asado, nous voilà ! La viande était divine et la compagnie exquise ; nous en aurions même oublié notre mésaventure...

 

P1040494

Ca ferait presque penser à un bonbon tellement c'est délicieux !

Partager cet article
Repost0
9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 18:55

La pluie n'a cessé de toute la nuit et au matin, le rideau est toujours présent. Nous commencons par remballer les matelas, duvets et tente avant de petit-déjeuner devant une course-poursuite entre chiens et oies... Ces dernières, les pauvres, picoraient paisiblement avant d'être prises pour des jouets à mordiller :) Ca fait un de ces boucans !

Autre spectacle, celui du plus gros papillon jamais rencontré à ce jour ; il attendait patiemment que l'on vienne l'admirer dans cette ancienne gare.

 

P1060289

 

D'ailleurs, celle-ci s'anime peu à peu ; notre glacier ouvre ses portes et l'office de tourisme aussi. Le personnel vient nous poser mille questions, sourire aux lèvres. C'est le côté "capital sympathie" du vélo :) A force d'attirer l'attention, c'est même un conseiller municipal qui nous convie à entrer quelques instants dans le studio de la radio de la ville "La voz del Interior". Nous sommes même interviewés sur notre provenance, notre périple à vélo... Tout ca en direct et "en castillano, claro" !

 

P1060303

 

L'équipe, adorable, nous souhaite bon voyage et nous quittons El Carril sous des trombes d'eau. Il ne nous reste qu'une trentaine de kilomètres pour atteindre Salta, mais la route n'est pas une partie de plaisir : très empruntée par les camions, pas de bas-côté (ah si, dans les cailloux...) et puis rouler la tête coincée dans une capuche, les yeux rivés droit devant, le paysage disparaissant sous un voile d'eau... Génial !

 

P1060304

Avec le CX du pancho, il suffit qu'un poids lourd te croise pour être stoppé net.

 

En arrivant à Salta, c'est encore pire car les trottoirs sont submergés par des rivières, cachant par la même occasion les fréquents nids de poule. On se fait 8 km de détour pour le "fun" et j'ai même droit à un arrosage de la tête aux pieds par un gentleman en bus. Bref, je ne rêve que d'une chose : être au sec.

Nous échouons dans une auberge, assez centrale, où nous pouvons mettre les vélos à l'abri. Le soir, nous dînons avec la famille "Allons voir si la terre est ronde" ! Les retrouvailles sont, comme espérées, animées :)

 

Photo volée.

 

 

Distance : 31 km - Temps : 2h37 - Moyenne : 11,8 km/h

Partager cet article
Repost0
8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 10:54
Nous avons, somme toute, plutôt bien dormi. Etonnant ! Au réveil, le ciel est toujours assez couvert, mais laisse tout-de-même entrevoir le paysage. Nous nous dépêchons de nous préparer pour remonter en selle au plus vite et franchir le col avec une bonne visibilité.
 
Nous quittons notre chambre de luxe et grimpons les 6 derniers kilomètres, entourés de montagnes verdoyantes.
 
P1060234
En arrière plan, un 5227 m
 
Arrivés en haut, on ne sait plus trop à quel sein se vouer : 3348 ou 3457 m ? Encore une fois, deux panneaux affichent deux infos différentes. Nous, on préfère l'altitude la plus élevée.
En tout cas, maintenant, ca va descendre ! Youpiii...
 
P1060255   
Alors, bien sur, la piste refait son apparition...
 
P1060259
 
N'empêche que derrière chaque lacet se cachent de surprenantes pentes tapissées d'une végétation luxuriante ; le contraste est saisissant par rapport à hier ! Il faut dire que de ce côté de la vallée, la rivière est loin d'être tarie ; on peut même dire qu'elle a pris ses aises, coupant la route à plusieurs reprises.
 
P1060263
 
Toujours est-il que ca fait drôlement du bien de revoir de l'eau, de la vie... Ce n'est pas "El Valle Encatado" pour rien ! Nous dévalons avec régal les "caracoles"  fleurissants.
 
P1060265 
Puis nous changeons de décor : nous voici à présent dans la Quebrada del Escoipe, au pied de montagnes rouges, sillonées de chemins aux mêmes teintes. Un bonheur pour les yeux... et pour les jambes qui apprécient vivement les kilomètres parcourus sans effort :)

Nous prenons juste le temps d'un sandwich à midi puis remontons sur nos Escapade ; il n'est que 14h et pourtant, nous sommes déjà poursuivis par l'orage... De plus en plus tôt !
En roulant, nous ne manquons pas de ressentir la chaleur moite qui colle nos tee-shirts à la peau ; cette humidité lourde qui laisse présager que le mauvais temps va éclater comme pour se libérer de l'étouffement.
Quand les gouttes commencent à perler sur nous, cela crée un étonnant contraste entre leur fraîcheur et les bouffées de vapeur chaude qui émanent du goudron et nous enveloppent les jambes.
Nous arrivons à El Carril sous des trombes d'eau.
 
P1060283
 
Très vite, les trottoirs disparaissent sous des flots orangés et nous roulons pour ainsi dire dans des rus de rues :) On s'abritte quelques instants sous le haut-vent d'une boutique, surpris de la déflagration du tonnerre juste au-dessus de nos têtes.
 
 
Il nous faut trouver un endroit où dormir ce soir ; mais la ville est morte : il est 15h, c'est l'heure de la sieste.
Et puis, avec ce déluge, on ne s'attend pas à voir tellement de badauds... Certains pourtant, pris de court, se sont réfugiés eux aussi sous des toits ; nous leur demandons où trouver un hotel ou auberge. Rien, nada ! Il n'y a rien dans cette ville !
Nous filons à l'office de tourisme, fermé lui aussi, mais siégeant dans une ancienne gare ferroviaire. Un homme est là, qui nous autorise à mettre notre tente sous le toit de l'ancien quai ; on doit surement lui faire peine ! En tout cas, l'endroit est parfait : plat, à l'abri, propre (YES !) et les voies recouvertes de pelouse accueillent désormais des chevaux, des poules et des oies... C'est buccolique !
 
P1060294
 
Et alors, cerise sur le gâteau, l'office de tourisme partage les lieux avec un glacier ! JACKPOT !
Et lui, à 17h, il ouvre :)  
P1060300
"Tu es vraiment excellente. Tu es une centaine de fois meilleure que toutes les glaces que j’ai mangées de toute ma vie... Tu es Super-Glace ! Tu es très goûteuse, tu es la glace de ma vie." (Into the Wild)
Partager cet article
Repost0