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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 20:29

Au sortir de la tente, nous avons le privilège d'un matin qui se lève sur le lac... Quelle magnificience ! Une véritable carte postale.

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Prendre son petit-déjeuner devant un tel panorama doit coûter "un pont" dans certains hotels (expression belge, une fois ;))...

Nous sommes en route peu avant 10h, "tranquillé" ; en revanche, le relief lui est loin d'être relaxant. Les côtes se dessinent nettement et nous prenons rapidement de la hauteur ; la vue sur le lac n'en est que plus saisissante : une eau saphir bordée de champs cultivés du vert fluorescent à l'émeraude.

C'est étonnamment dépaysant... On ne se croirait plus en Bolivie mais plutôt sur la côte croate, ou corse, ou encore dans les fjords norvégiens (surtout niveau température :)). Seules les tenues traditionnelles des dames et les constructions sommaires nous ramènent aux Andes.

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Nous grimpons toujours dans ces décors somptueux jusqu'à 3999m (!) pour tout redecendre jusqu'aux pieds du lac, à San Pablo où nous prenons un "bac" pour atteindre la rive d'en face.
L'embarcation est rustique, mais le "commandant de bord" très sympatique :)

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Il est près de 12h30 quand nous retrouvons la terre ferme ; c'est le moment de sortir le pique-nique sur le "port" avant d'entamer les 40 km qui nous séparent de Copacabana.

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Nous visualisons avec un peu d'appréhension le ruban d'asphalte qui moooooonte "à la corse"... Bon, la contrepartie c'est que plus nous sommes haut, plus c'est beau.

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En chemin, nous croisons encore des pèlerins marchant ou pédalant dans la même direction que nous... J'espère que cette semaine Sainte ne va pas saturer les hébergements !

Nous franchissons cette fois les 4005m ; pour ma part, jambes et genoux commencent à accuser le coup ! Mais nous ne sommes plus qu'à une vingtaine de kilomètres de la douche chaude alors on ne va pas s'arrêter en si bon chemin :)

Le lac se couvre progressivement de nuages, lui donnant de délicats reflets bleu-gris ; je trouve que c'est encore plus beau que sous un franc soleil !

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Nous nous arrêtons quelques minutes pour goûter ; la route redescend pour grimper de nouveau. Comme c'est dur... Heureusement, j'ai souscris à l'Assistance Electrique (la laisse de chat) :)
Ce n'est qu'à 17h que nous passons enfin le dernier col.

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Allélouia (puisque c'est le moment de le dire) !

Désormais, ce sont 11km de bonheur pour atteindre "Copa".
Nous découvrons la baie en contre-bas avec satisfaction. La lumière bleue glaciale baigne les collines sur lesquelles s'est installé le village ; c'est féerique.

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Rapidement, nous entrons dans une auberge pour nous reposer enfin ! Une douche chaude et un excellent resto traditionnel bolivien viennent parfaire la fin de soirée :)

Distance : 58 km - Temps : 4h55 - Moyenne : 11,7 km/h

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 20:26
Nous sommes réveillés d'assez bonne heure par les kalxons des véhicules s'impatientant devant l'inactivité de la station. Pourtant, il y a bien quelqu'un ce matin, qui n'a d'ailleurs pas tardé à venir taper à la porte de l'abri pour savoir ce qu'on faisait ici. Passé la surprise, l'homme sourit enfin et retourne vaquer à ses occupations.

Nous petit-déjeunons et débarrassons les lieux vers 9h.

P1080114"L'hotel" en arrière plan

Nous continuons de rouler en direction de Copacabana et le lac Titicaca ; il fait très frais et nous sommes déjà emmitouflés.
Le relief nous permet une bonne allure et la cordillière Royale au loin ajoute une note majesteuse aux petits villages insignifiants.

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Hormis le traffic relativement dense, nous rencontrons également des groupes de marcheurs ; il s'agit surement d'une sorte de pélerinage jusqu'à Copacabana (lieu de pélerinage de l'Empire Inca avant l'arrivée des espagnols).
Nos interrogations seront levées quand une journaliste nous coure après afin de nous interviewer : "Vous aussi vous faites un long voyage pour venir voir la Vierge à Copa ?" ; "D'où venez-vous ?" ; "Combien de pays avez-vous traversé ?"...

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Bien sur, nous avons traversé 18 pays pour admirer la Vierge ; c'est évident, on ne va pas décevoir la TV bolivienne :)

Vers 13h, nous croisons un petit resto de bord de route ; quelle aubaine, ils servent de la truite pêchée dans le lac Titicaca et c'est un pur régal !

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Avez-vous remarqué comme une boliviène de dos, ressemble à n'importe quelle autre bolivienne !
C'est la même sur toutes nos photos.
 
Ce plat nous remet de nos 40 premiers kilomètres et... permet d'attaquer de nouveau. D'autant que cet après-midi, la route oscille un peu plus !

Soudain, nous apercevons une infime partie du lac ! Le légendaire Titicaca ! Bordé par les cultures de quinoa, des fleurs de la pampa, des troupeaux... C'est sublime !

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Ces images idylliques et sereines enchantent nos derniers kilomètres de la journée. Vers 16h, Aurel nous dégote une pièce vide dans un hotel en construction... Avec vue sur le lac, s'il-vous-plaît ! Si ca, c'est pas le Paradis :)
Pour lui, il ne manque qu'une seule chose : un bain dans le Titicaca !


Quant à moi, la soirée est parfaite devant un bon feu et... des chamallows grillés :)

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L'année sabbatique à qui le tour ?

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Distance : 68 km - Temps : 4h44 - Moyenne : 14,4 km/h
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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 20:22

Bon anniversaire Philippe !

A notre tour de quitter Oruro, mais pour nous, ce sera en bus. En effet, ayant du retard sur le programme, nous choisissons de gagner environ quatre jours en prenant un transport pour la Paz. La route n'étant pas forcément très intéressante, nous préférons économiser quelques jours pour le Pérou.

En route donc et rien n'est plus simple que de prendre un bus pour la capitale ! Nous arrivons au terminal vers 11h50 et à midi, nos vélos sont en soute (sans avoir eu à les démonter) et nous sur nos sièges.
Le trajet dure environ 3h30 et en chemin, nous guettons les bas-côtés au cas où nous doublerions la famille... La route semble relativement plate ; enfin... c'est l'impression qu'elle donne confortablement assis !

Au bout d'une heure de trajet, un coup de klaxon nous interpelle ; notre chauffeur se déporte sur la gauche  : ce sont eux !

 

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On sort la moitié du corps par la fenêtre en leur faisant de grands signes ; ils nous voient et nous répondent, mais le bus va si vite que ce petit moment ne dure que quelques secondes... Ca fait mal au coeur de ne plus pédaler avec eux ; nostalgie encore une fois.

 

Le reste du trajet passe rapidement... grâce à un bon Rocky I ; viva Balboa ! Qu'est-ce-que ca a vieilli :)
On se fait déposer à El Alto, grosse ville qui surplombe la Paz, plutôt que de descendre dans la capitale où nous n'avons rien de particulier à faire ou à voir.

Nous contournons donc cette énorme agglomération en longeant l'aéroport le plus haut du monde. La piste est deux fois plus grande car à cette altitude l'air est moins porteur ; ainsi, les avions ont besoin de plus de vitesse pour décoller et attérir sans heurt.

Comme toute grossse ville qui se respecte, nous traversons une infinité de bouchons ! 16h, c'est surement l'heure de pointe.

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Nous voici donc slalomant entre les voitures, les mini-bus qui s'arrêtent de manière anarchique, les cars, respirant les pots d'échappement, nos poumons contraints au rôle de filtres à particules qu'ils ne connaissent pas ici, visiblement. Un véritable calvaire...

 

En outre, la grêle vient s'ajouter à la pénibilité déjà bien présente. A 4150m, autant dire que nous sommes gelés en moins de deux ! Il est près de 18h quand nous sortons (presque) du stress des embouteillages. L'averse se calme un peu et nous trouvons refuge dans le local d'une station-service déserte.

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Il y a des jours comme ca où l'on a pas fait grand-chose, mais qu'est-ce-que c'était éprouvant !

Distance : 19 km - Temps : 1h24 - Moyenne : 13,3 km/h

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 20:18

Oruro est une ville minère de l'Altiplano. Pendant ces quelques jours de repos, nous y ferons de belles balades et découvertes !

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Tient un confère !

 

En déambulant dans le marché, nous approchons d'étranges stands : herbes en tout genre, morceaux de pierres "magiques", foetus de lamas sêchés, ... Tout pour faire des offrandes à la Pachamama (Déesse Terre) ou se guérir !

 

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Que de senteurs, de saveurs, de couleurs aussi !

 

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 "j'ai un doute sur les probabilés qu'une telle glace           Après 50 ans de bon et loyaux services,
         puisse rentrer dans un aussi ptit corps !"                                            je roule encore !

 
Nous visitons également le sanctuaire de "la Virgen del Socavón". C'est une belle église sur les hauteurs de la ville qui offre également un petit musée minier et un autre sur le folklore bolivien. Dans le premier, nous découvrons outils et habits dont été équipés les anciens mineurs ; c'est sur, il y a eu quelques améliorations... A l'étage, le musée d'art sacré expose une belle collection de masque carnavalèsques. C'est haut en couleurs !

Au sortir de la visite, nous grimpons un peu plus pour avoir une belle vue d'ensemble sur Oruro. Avec ses nuages orageux, le ciel nous livre ses plus belles nuances !
Et pour redescendre, rien de plus facile que d'emprunter le toboggan de béton :)

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Les journées passent très vite quand on a le temps... Si bien que le 1er avril, la famille est déjà sur le départ ! Cette fois-ci, nous ne les suivons pas car nous allons prendre un bus demain pour la Paz afin de gagner quelques jours. Les au-revoir sont d'autant pus difficiles qu'à priori, nous les reverrons pas de si tôt !

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 20:16

Plus qu'une soixantaine de kilomètres pour atteindre Oruro ; si le relief est comme hier, nous y serons surement dans l'après-midi :)

Après le pique-nique du matin, dans notre chambre, nous enfourchons nos Escapade et autres montures vers 9h30. Et comme prévu, la route est incroyablement plate.

 

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Soyons honnêtes, c'est reposant... mais peut-être un peu trop : nous roulons bon train mais sans grande surprise car la monotonie s'empare des paysages, si bien qu'à la pause goûter, nous avons déjà parcouru 30 km !

 

Nous reprenons ensuite jusqu'à 13h et décelons désormais Oruro de loin sur le lac Uru Uru ; la ville nous paraît terriblement imposante avec ces milliers de toits qui habillent la montagne sur laquelle elle est accrochée. On ne peut clairement plus parler de village ; Oruro, c'est 260 000 habitants !

 

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D'ailleurs, cela fait plusieurs dizaines de kilomètres que le stress d'une grande cité est bien palpable : l'intensité de la circulation et la pollution rendent l'air irrespirable !

 

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Combinez cela à des doublement incessants, pas toujours très prudents loin s'en faut et mains sur le klaxon... notre esprit et notre palpitant ne sont plus à la fête. Nous profitons toutefois des derniers carrés champêtres pour déjeuner avant de nous jeter dans la gueule du loup.

 

"Quand on arrive en ville...", les gens ne changent pas de trottoir, bien au contraire ! Beaucoup sourient en voyant les enfants pédaler quand d'autres gardent leurs distances avec une main levée. Mais pour eux comme pour nous, c'est la curiosité qui nous anime ; les 10 derniers kilomètres pour atteindre le coeur de ville sont assez "déroutant" car nous rencontrons beaucoup de pauvreté et des conditions de vie peu engageantes... C'est d'autant plus flagrant que nous n'avions pas mis les roues dans une si grosse ville depuis un certain temps.

 

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Du coup, tout y est décuplé : 100 fois plus de camions qui nous enveloppent de leur fumée noire, 100 fois plus de misère, 100 fois plus de détritus qui virevoltent partout... Nous nous rendons à l'un des logements indiqué sur le guide ; la pluie commence à tomber juste quand nous entrons dans le hall de l'hotel. C'était moins une !

 

Au dîner, nous nous offrons un resto où la clientèle est soit européenne, soit bolivienne aisée ; étonnant contraste avec cet fin d'après-midi.

 

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Aurel : je n'ai pas pu faire totalement honneur à la cuisinière, trop copieux !

 

Distance : 59 km - Temps : 3h39 - Moyenne : 16,1 km/h

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 20:14

Ce matin, le soleil est discrêt et déjà quelques goutelettes tombent. On ne peut pas dire que cela donne tellement envie de décoller... Mais Challapata n'est pas non-plus l'endroit rêvé pour nos jours de repos, alors nous partons tout-de-même à l'assaut d'Oruro qui n'est qu'à 150 km de plat d'ici.

 

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Aujourd'hui encore, nous démarrons tout équipés contre la pluie, nous attendant à ramasser le même déluge que la veille. Finalement, malgré de petits gouttes, les nuages se dispersent relativement vite et c'est sous un ciel dégagé que nous pédalons dès le milieu de matinée. C'est quand même bien plus sympa quand on peut admirer les paysages plutôt qu'avoir la tête enfoncée dans une capuche !

 

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En outre, les environs sont ravissants : des volcans tapissés de vert aux pentes douces et aux sommets émoussés, des multitudes de bouquets champêtres de marguerites jaunes et de fleurs de lupin mauves... On se croirait dans un tableau de Claude Monet ; c'est infiniment poétique et tranquille. Et puis, tout cela sur un relief "hollandais", que demander de mieux !?

 

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Nous filons à bonne vitesse, atteignant les 30 km en moins de 2h jusqu'à un petit village où nous pique-niquons sur une jolie place arborée.

A cette allure, nous avons bon espoir d'arriver à Oruro demain.

Après nos sandwiches au fromage, nous repartons sur cette platitude interminable, mais si agréable pour les jambes :)

 

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Nous commencons à apercevoir au loin le lac Poopo ; il y a tellement d'eau que les montagnes alentours s'y reflètent créant une impression de flottement.

Vers 17h, nous sommes à Poopo, le village...

 

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...nous y trouvons un hotel démesurément grand et dont l'aspect flanbant-neuf est quelque peu déplacé pour l'endroit. Il est d'ailleurs fermé. La dame qui détient les clés nous ouvre tout-de-même une grande chambre familiale ; pas besoin de déballer tentes et matelas.

Le soir venu, nous dînons dans un petit resto bolivien. Comme toujours au menu (unique) : soupe de légumes, plat de viande (poulet ou beuf), riz et pomme de terre et parfois un peu de verdure.

 

Distance : 66 km - Temps : 4h12 - Moyenne : 15,7 km/h

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 19:46

Joyeux anniversaire Renaud (sorry pour l'oubli !)

 

Dernière ligne droite pour Challapata ; nous vidons les lieux aimablement prêtés par le Pasteur et enfilons d'emblée nos vêtements de pluie car déjà quelques gouttes perlent sur nos épaules.

 

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C'est bien l'une des rares fois que nous entamons la journée sous un ciel si peu engageant ; habituellement, on a au moins droit à de beaux rayons jusqu'en début d'après-midi !

Tant pis, on fonce quand même ; précisons aussi que nous avons hâte d'atteindre Challapata pour y prendre une bonne douche chaude... Nous avancons à bonne vitesse sur ce tracé à peu près plat ; nous subissons des alternances d'ondées et d'acalmies mais le soleil aujourd'hui est le grand absent du ciel.

 

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Du coup, il fait plutôt froid et pour la pause déjeuner, nous demandons refuge dans un centre de santé d'une bourgade sur le chemin. Par chance, nous avons affaire à une dame charmante qui nous installe dans la salle d'attente, au "presque" chaud, mais surtout à l'abri des intempéries.

 

Au moment de repartir, elle nous avertit qu'arrive "une très grosse pluie qui mouille" ; en effet, en regardant la noirceur au loin, la tentation est grande d'attendre un peu que ca passe. Et puis, finalement, trempé pour trempé, on se motive pour filer quand même. Normalement le relief descend, nous devrions aller relativement vite.

En route donc, plus équipés que jamais, parés pour éponger un gros déluge. La dame avait bien raison, l'averse dégringole rapidement sur nous et pire encore, reste bien coincée au-dessus de nos têtes !

 

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L'orage nous suit comme cela pendant deux bonnes heures, jusqu'à ce qu'on apercoive les premières constructions de Challapata. Le soleil réapparaît, timide, mais tout-de-suite nous sêche les vêtements et nous réchauffe le corps. Que ferait-on sans lui !

Les derniers kilomètres sont moins pénibles que les 60 passés et nous entrons dans la ville vers 17h30.

 

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Aurel retourne illico dans l'hotel où il a passé quelques nuits dernièrement pour y récupérer sa carte d'identité...(tête en l'air). Ensuite, nous dégotons un autre petit hotel, charmant celui-ci et avec douche chaude :)

 

Distance : 68 km - Temps : 4h13 - Moyenne : 16 km/h

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 22:45

Nous quittons notre salle de classe sous un soleil radieu et roulons parmi des diversités rocheuses improbables ; c'est Saint-Maclou ici :) Il y a toutes les couleurs, toutes les textures, toutes les formes...

 

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Niveau inclinaison, on attaque dur de bon matin ; des côtes bien raides refont leur apparition incitant tout le groupe à l'entraide : Aurel aide Margaux avec la laisse, Cédric, Léna, Nico et moi poussons les Pino, quand nous ne sommes pas devancés par Philippe !

 

En prenant de la hauteur, les paysages deviennent époustouflants ; les montagnes rouges s'ouvrent et se craquèlent pour laisser naître une vallée luxuriante.

 

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Le climat bolivien se gâte progressivement et nous enfilons nos vêtements de pluie en prévision du pire... Par chance, vers 13h et quelques minutes avant le déluge, nous atteignons Ventilla où nous nous empressons dans un petit resto.

 

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L'enfant dans le dos et le lama en morceaux dans la brouette... Bon appétit !

 

Nous espérons comme cela pouvoir repartir après l'averse ; seulement les nuages stagnent au-dessus de nos têtes et nous décidons de reprendre la route tout-de-même.

C'est donc engoncés dans nos habits imperméables que nous continuons notre ascension jusqu'à un col à 4313m ; décidément... y'aura-t-il une seule fois où nous pourrons prendre une belle photo de notre "performance" :) ?!

 

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Et le temps, comme pour se jouer de nous, redevient clément une demie-heure après le passage au col ! Mais nous ne nous en plaignons pas car les rayons du soleil sêchent nos vêtements et nous réchauffent...

 

Vers 18h, nous entrons dans Tolapalca-Lagunillas, petit village où nous tentons d'abord l'inspection d'une maison abandonnée pour y mettre nos matelas ; mais l'état des lieux est vraiment peu aguichant.

 

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    Un cambrioleur avec une pince coupante et son complice :) 

 

Nous cherchons alors le Directeur de l'école (comme à l'accoutumée :)) et en questionnant l'un des professeurs, celui-ci nous envoie vers le Pasteur du village. Ah tiens, ca on a encore jamais fait...

 

Nous tombons sur un homme d'une gentillesse infinie, escortés de tous les enfants des environs bien sur :) Il nous ouvre, avec bonté, une grande salle-à-manger avec une chambre attenante... "Por el amor de Díos" nous déclare-t-il, souriant.

Pour nous, c'est inespéré et tellement généreux que nous ne savons comment le remercier.

 

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Distance : 51 km - Temps : 4h44 - Moyenne : 10,8 km/h

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 15:05

Aller, en avant pour une très grosse journée : nous partons de 3500m pour le col à 4170m. Nous quittons les lieux avec la nette sensation qu'on ne manquera à personne :) et entamons les réjouissances au milieu de petits villages fleuris, de champs cultivés... Le soleil nous acompagne et c'est infiniment joli. En montant, nous surplombons un canyon impressionnant.

 

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Le relief est éprouvant et pour reprendre des forces, rien de tel qu'une pause banane !

 

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Nous roulons encore dans ces pentes à couper le souffle puis, vers 13h, nous optons pour un petit coin en hauteur pour le pique-nique. Pain et fromage pour tous en contemplant la prochaine grimpette qui nous attend...

 

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Soudain Cédric et ses yeux de lynx apercoivent une silhouette noire qui dévale au loin.

"C'est Aurel !" s'excalme-t-il.

En effet, c'est bien mon Roméo, déjà là ! Je ne m'attendais quand même pas à le retrouver si vite ; il n'est parti qu'hier, comme nous ! Quel plaisir de se revoir :)

 

Nous reprenons donc à 8, direction Challapata. Le ciel se voile sérieusement jusqu'à nous déverser ses grêlons ! Manque de chance, une fois au col, on ne peut même pas profiter de la descente : des centaines de billes blanches nous giflent le visage, nous obligeant à freiner pour amoindrir les coups de fouet. Nous sommes littéralement glacés. Avancer devient pénible et nous guettons avec avidité un endroit où camper à l'abri.

Au bout d'une heure à traverser le froid, l'ondée s'arrête enfin et laisse place à quelques rayons de soleil bienvenus.

 

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Il est déjà plus de 18h quand nous atteignons Challamayu où nous arpentons toutes les ruelles pour trouver le directeur de l'école du village, sans résultat.

L'aubaine c'est qu'une salle de classe est restée ouverte ; une sur la dizaine cadenassée ! Bon, c'est une pièce qui semble à l'abandon, mais nous y sommes à l'abri du vent et de la pluie.

 

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Distance : 39 km - Temps : 4h22 - Moyenne : 8,8 km/h

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 23:01

Ce matin (lundi 19 mars), le coq sonne à 8h00. Je prends mon petit-déj sur la place devant le spectacle des bergers conduisant leurs troupeaux de lamas et de moutons un peu plus loin, sur les flans du volcan. Je ne peux m'empêcher d'imaginer ma vie si j'étais né ici...

 

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Je serais comme ce jeune berger, loin de l'agitation des grandes villes, de la pollution, j'aurais la richesse d'une vie faite de peu. Les contreparties sont, ici, des hivers à -20C°, une saison des pluies destructrice, des douches à l'eau froide pratiquement toute l'année et une alimentation peu variée.

Pire, je serais passé à coté de mes années mobylette, quand sortir du département était déjà pour moi une aventure :

"Pourvu qu'il y ait une station service dans ce bled sinon j'suis carotte" avec la voie errayée par une adolescence boutonneuse. Heureusement que je n'ai pas connu Manue à ce moment là :)
Plus sérieusement, je ne serais pas ici, à vivre mes rêves de voyage.

Bref, je me réjouis de la distribution des rôles ; je ne voudrais pour rien au monde échanger ma place !

 

Je quitte Coqueza avec l'ambivalent désir de rouler seul et de retrouver au plus vite ma "Fiona" (la Princesse dans Shrek). Ma mission, si je l'accepte, sera de contourner le volcan Tunupa par une piste "Sud-Lipezienne" puis direction Challapata où Internet me permettra de donner des nouvelles.

2 jours et demi ont été nécessaires pour parcourir ces 191 km, pendant lesquels j'ai goûté au plaisir d'un déjeuner en tête à tête avec une vingtaine de mioches, tous stoïques, les yeux fixés sur le moindre de mes gestes (note pour plus tard, éviter les abords des terrains de sport). Je me serais également passé d'une course poursuite avec un clébard. Coup de bol, mon bâton multifonctions était à portée de main pour maintenir l'assaillant à distance, sinon il m'aurait gratifié d'une belle signature canine au mollet.

 

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 "Soit disant, soit disant, je suis passé trop près de son troupeau".

 

Et enfin, j'ai eu l'immense joie de retrouver la route à Quillacas. Je n'avais pas vue un gramme d'asphalte depuis le Chili. Quel bonheur de pouvoir regarder autre chose que sa roue sans avoir la vision floutée par les aspérités de la piste.

 

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Couleurs surréalistes du quinoa bordant la route

 

J'atteins Challapata en début d'aprèm ; je loge 2 jours dans un placard à balai pas plus grand que la surface de la tente. Je donne des nouvelles, j'en prends et choppe un virus sur la carte SD de l'appareil photo (cybercafé de M....). Résultat 400 photos in the poubelle. L'illustration de cette article ne va pas être facile, il va falloir faire preuve d'imagination :)

 

Ensuite je pars le samedi 24 de cette ville où les antivirus n'exitent pas pour retrouver Manue et la famille sur la route de Potosi. Je pense en avoir pour 2 jours. La hâte me fait rouler 101 km le premier, avec deux cols à 4300m et un à 4200m sous la neige et les grêlons.

 

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Puis le deuxième, 50 km suffiront pour récupérer ma moitié ; pile-poil pour le déjeuner. Ah ! l'amour...

 

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